Chronique n°1 : Fountains Of Wayne – Welcome Interstate Manager (S-Curve Records, 2003)

Réunion au sommet, à l’américaine !

Pour cette première chronique, nous épluchons Welcome Interstate Manager, un disque à l’équilibre quasi-exemplaire, explorant les contours d’une pop taquine et électrique.

C’est en s’inspirant du nom d’une boutique de fontaines de la ville de Wayne, dans le New Jersey, que Fountain Of Wayne voit le jour en 1995, sous l’impulsion de deux jeunes musiciens, respectivement bassiste et chanteur – guitariste : Adam Schlesinger et Chris Collingwood. Rapidement rejoints par Jody Porter à la guitare et Brian Young à la batterie, c’est en quatuor qu’ils contracteront tout aussi prestement chez Atlantic Records, pour deux albums : Fountains Of Wayne (1996) et Utopia Parkway (1999).

Ainsi, au moment de la sortie de Welcome Interstate Manager, le groupe new-yorkais a déjà prouvé par le passé sa dextérité ainsi que sa créativité mélodique, avec des titres tels que Sink To The Bottom, Radiation Vibe ou encore Denise, issus de leurs anciennes productions. Mais c’est véritablement avec ce nouvel ouvrage paru en 2003 que la formation de Collingwood corroborera sa forte capacité compositionnelle, dans la lignée de ses paires que sont The Verve, Wheatus, Nada Surf voire Ok Go ou Weezer et signera là son retour après une pause (trop) longue de quatre ans.

Le recueil ouvre donc sur Mexican Wine, sorte de semi-ballade power pop à l’instrumentarium davantage élaboré, dont la mélodie légère mais opérante en fait déjà un titre phare, tant son identité espiègle et juvénilement mélancolique séduit immédiatement les sensibilités de l’auditeur. Et si le titre suivant, Bright Future In Sales installe progressivement la vitalité, le dynamisme et l’éclat lumineux qui semblent charpenter l’album, ce n’est qu’avec l’évocateur Stacy’s Mom que l’on touche réellement le sujet du bout des doigts. Son refrain on ne peut plus entêtant arriverait presque à lui donner l’allure d’hymne à l’adolescence, tel un véritable souffle de jouvence qui réanimerait un opus à peine entamé et pourtant loin d’être en mal d’énergie. D’ailleurs, le single atteindra la 21ème place du Billboard Hot 100 aux États-Unis, ce qui lui vaudra d’être gratifié d’un disque d’or ainsi qu’une nomination aux Grammy Awards.

L’écoute se poursuit avec la délicieuse Hackensack et son thème musical des plus séduisants, suivi du peut être plus anecdotique No Better Place. Valley Winter Song quant à elle pérennise la ligne directrice de l’enregistrement, à savoir celle de la part belle faite aux ballades. Et ce n’est assurément pas la piste suivante qui viendra démontrer le contraire, puisque All Kind Of Time marque sans aucun doute le point culminant de cette pratique. Tout aussi étincelant que spleenétique, c’est à se demander pourquoi le titre n’a pas fait l’objet d’une mise en lumière plus appliquée lors de sa sortie.

Incisif et ravageur, le morceau Little Red Light offre une merveilleuse transition avant Hey Julie, authentique pépite « feelgood » dont le groupe seul a le secret.

Retour à la quiétude avec Haley’s Waitress, qui malgré la qualité de sa composition, souffre peut être d’un manque de cohérence vis à vis du reste de l’album et contribue à enrayer son rythme. Néanmoins, le morceau reste plutôt agréable et flotte au dessus du reste tel un rêve, hors du temps, hors de la réalité structurelle de l’ensemble.

Survolons ensuite Hung Up On You, pièce vivace à l’allure country, puis la très jolie Fire Island, annonçant ce que fera quelques années plus tard Sean Lennon, pour arriver à Peace & Love, marquant le retour de la « patte » pop du groupe et Bought For A Song, belle surprise digne de la meilleure plume des frères Gallagher.

La fin de l’expérience est signalée par, tenez vous bien, une autre ballade à la ligne mélodique ensorceleuse, Supercollider, plus grave et plus psychédélique que les précédentes, et enfin Yours And Mine, postlude claire et nostalgique, dont le seul bémol réside dans sa courte durée (moins d’une minute) malgré l’intervention prometteuse d’un orgue électrique un peu trop vite interrompue. Une fin inévitablement brutale en somme de par la qualité de ce qui l’a précédé, et qui nous laisse haletant, dans l’insoutenable attente de la suite…

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