Chronique n°16 : Mac DeMarco -This Old Dog (Captured Tracks, 2017)

Ô Canada !

Véritable phénomène de la scène indépendante internationale, le virtuose canadien est de retour après le succès de Salad Days (Captured Tracks, 2014), pour la plus grande joie de son armée de mélomanes fidèles.

Avec ses 13 nouveaux titres, le multi-instrumentiste nous emmène une fois de plus à la rencontre de sa pop enluminée et décalée, dont la singularité n’a d’équivalent que la chaleur et l’émotivité sincère qui s’en dégagent.

Adepte des studios rudimentaires et de la sobriété de l’instrumentation, Mac DeMarco déploie ses textures avec une simplicité et une authenticité aujourd’hui constantes et surtout révélatrices de ce personnage au sourire si communicatif. Entre le folk d’Eliott Smith ou de Jeff Buckley, les sonorités psychédéliques tout droit venues des sixties, les nappes électroniques et illuminées aux accents post-punk voire la démence géniale et la créativité d’un Jonathan Richman ou d’un Daniel Johnston, le jeune homme de 27 ans navigue sur les océans de ses excellences, avec adresse, facilité et élégance.

Ce nouvel album, This Old Dog, s’inscrit parfaitement dans la lignée discographique de l’artiste, nous rappelant alors que ce dernier est loin d’être à son coup d’essai. Néanmoins, il ne fait aucun doute que le musicien ne cesse de vouloir se dépasser à chaque nouvel opus et continue ainsi de creuser, ici encore, avec un peu plus d’ardeur et d’appétit, les sols de la tradition phonographique américaine.

Peut-être entendrez-vous, au détour de, Still Beating et A Wolf Who Wears Sheep Clothes pour ne citer qu’eux, un brin de Springsteen ou de Dylan, ou encore même reconnaîtrez-vous la plume dominatrice de Lennon et McCartney sur des pièces comme l’éponyme This Old Dog ou Baby You’re Out, qui sautillante et entêtante épouse sans résistance ses influences avant de les faire danser.

My Old Man, qui quant à lui a l’honneur d’ouvrir les hostilités, installe la dualité acoustique/électronique qui n’aura de cesse de s’exprimer tout au long du disque et se retrouvera notamment à son paroxysme dans For The First Time ou On The Level.

En bref, la signature de DeMarco est fidèle à celle de ses débuts et ne fait que s’enrichir années après années des diverses entrées qui viennent épaissir son répertoire. Une « patte » d’apparence un peu rustre mais en réalité soignée et délicate, voilà ce qui caractérise le musicien canadien, amoureux avant tout de l’authenticité de l’objet, des sonorités savamment déréglées, de la douceur d’une mélodie dans ce qu’elle a de plus brut, en témoignent One Another, Sister voire enfin Watching Him Fade Away. A personnage brillant, album étincelant.

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