Interview : The Deans ou l’ambition du rock à l’international

Ils s’appellent Gavin, Ronan et Mathys. Le premier chante et triture sa six cordes, le deuxième l’accompagne aux guitares et aux chœurs alors que le troisième s’agite derrière ses fûts. 

Des bords de trottoir d’un pub de Galway aux plaines verdoyantes des terres picardes, il n’y a finalement qu’un pas. Un pas que ces trois rockeurs ont décidé de franchir il y a plusieurs années déjà, convaincus de l’efficacité redoutable de leurs riffs acérés au-delà de leurs propres frontières. Leur recette ? Un savant mélange aux sonorités tantôt tout droit venues de chez Franz Ferdinand ou Queen Of The Stone Age, tantôt plus vétéranes et alors inspirées de The Band, The Kinks, Bob Dylan ou encore Nirvana.

Invités à inaugurer la nouvelle salle de La Biscuiterie, le power trio a ce soir-là déversé un rock vif et ravageur, plus que jamais prometteur pour leurs années (décennies ?) de carrière que l’on peut dès lors leur souhaiter.

Crédit photos : ©Carole Epinette. 

Vous avez bénéficié d’une résidence d’une semaine à La Biscuiterie au début du mois de septembre. Qu’avez-vous pu tirer de cette opportunité ?

Nous avons principalement travaillé le son live avec notre ingé son, testé du matériel, du placement sur scène, l’enchaînement des morceaux, la setlist… On a également pas mal composé, arrangé, fait des chœurs… des détails en fait !

En ce qui concerne votre setlist donc, est-elle fixée désormais ou est-elle amenée à changer de façon conséquente ?

On la change régulièrement, suivant une sorte de trame. En réalité, nous avons plusieurs sets et décidons chaque soir de ce qu’on a envie de faire, on change des morceaux de place, etc. Il n’y a pas de set type donc, c’est amené à beaucoup changer. On a notre morceau de début, notre morceau de fin et entre les deux, on voit sur le coup comment ça marche.

Quelle est votre actualité à venir concernant des concerts, enregistrement, sortie d’album ou d’EP, etc. ?

Nous sommes en pleine période de composition en ce moment. Donc beaucoup de travail personnel, de répétitions,… On a pour objectif d’enregistrer un nouvel EP début 2018.

Pour ce qui est de nos dates, on part sur St Etienne la semaine prochaine, on joue à Paris pour le festival Monte le Son le 10 novembre, à St-Quentin le 20 janvier… Avant ça, on part en Irlande deux ou trois semaines pour une tournée également.

Vous êtes du coup souvent amenés à retourner en Irlande ?

Pas vraiment non, peut-être deux fois par an, pas plus.

Concernant votre localisation, vous êtes notamment rattachés aux Hauts-de-France puisque récemment accompagnés par le PATCH (Pôle régional des musiques actuelles en Picardie). Peut-on dire de vous que vous êtes estampillés « artistes de la région » ou que vous souhaiteriez jouer sur cet aspect ? 

On est suivis par le PATCH oui pour 2017, après on essaie de ne pas trop jouer sur notre localisation, l’idée étant de s’étendre au maximum. Finalement, nous sommes amenés à bouger tout le temps ! 

L’un de vous est axonnais pure souche, les deux autres sont irlandais. Quel est selon vous le pays le plus rock des deux ?

C’est différent, mais pour nous la France est davantage ancrée dans l’Europe et donc le territoire plus vaste, ce qui nous donne davantage d’opportunités et de publics. Après tout dépend de ce que tu entends par rock. Je sais qu’à chaque fois que je vais en Irlande (dixit Mathys, NDLR), je me prends une bonne baffe en voyant la culture et le niveau musical là-bas. C’est très roots, ça joue très bien, ça chante très bien, nous n’avons pas du tout la même culture. La culture des bars, la culture des concerts, nous avons beaucoup moins ça en France.

Comment pouvez-vous alors décrire votre musique ?

Notre musique ? C’est un peu un mélange de tout ce que l’on aime, tout ce que l’on écoute. Du blues rock progressif dirons-nous.

En terme d’influences, quels sont les noms qui vous inspirent, qu’il s’agisse de musiciens, écrivains, cinéastes, etc. ?

The Band, Nirvana, Tool, Massive Attack, The Kinks mais également des écrivains tels que George Orwell ou Jack Kerouac, ainsi que de la science-fiction russe.

Votre dernier titre s’appelle lo-fi, comprendre low fidelity. Pourquoi ce titre ? Est-ce par filiation aux artistes dits lo-fi ou pour une toute autre raison ?

Lo-fi est aussi une façon de regarder la télévision, un écran… ce n’est pas tant musical. C’est davantage un filtre visuel. Aucun lien avec les musiciens dits lo-fi donc. 

Dernière question : si vous deviez chacun choisir un seul album, le plus marquant, le plus surprenant, votre favori, etc ?

  • Gavin : Bob Dylan – Desire (Columbia Records, 1976)
  • Ronan : Them Crooked Vultures – Them Crooked Vultures (Interscope Records, 2009)
  • Mathys : Massive Attack – Heligoland (Virgin Records, 2010)

 

Plus d’infos sur le groupe par ici !

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©Carole Epinette

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