Chronique n°22 : カラオケ – Louis Aguilar (Autoproduction, 2017)

N’y pense plus, tout est bien

Avec ce nouvel album sorti au début du mois, le crooner lillois nous présente une sélection non-exhaustive des standards, ou en tout cas de ses standards, de la grande tradition du songwritting d’Amérique et d’Angleterre.

Au programme, pas moins de 16 titres délicieusement réchauffés par son timbre brûlant et séducteur, soutenus par un instrumentarium des plus sobres mais pour autant jamais insuffisant.

Derrière le choix de ce titre japonais, un désir d’universalité tant par l’emploi de la langue nippone que par la traduction du propos tenu, à savoir « karaoké » en français. Le musicien souhaitant en effet que chaque auditeur puisse s’emparer de ces quelques titres et chanter par-dessus, comme on pourrait fredonner un classique n’importe où, n’importe quand.

Si dès les premières mesures de Colorado Girl, le souvenir émouvant de Townes Van Sandt, éminence de la country folk sudiste, rend l’écoute saisissante voire jubilatoire, le meilleur reste pourtant à venir. Et c’est peu dire. De Tom Waits aux Beatles, en passant par Bill Traider, Elliott Smith, Dean Martin, Paul Simon ou encore Charlie Chaplin (!), l’éventail a de quoi en faire baver plus d’un. Parmi les jolies surprises, Daniel Johnston, figure pop incontournable de la scène indépendante texane des années 80 et trop souvent injustement oublié par ce genre de célébrations, prend lui aussi part à la grande messe d’Aguilar, avec une reprise certes attendue mais tout à fait réjouissante de son célèbre True Love Will Find You In The End. Rappelons d’ailleurs que le propos ici n’est pas de déterrer petits bijoux et autres faces B complètement confidentielles, mais bel et bien d’évoquer le répertoire que prend plaisir à jouer l’artiste.

Grand gagnant de ce choix remarquablement drastique, le roi du protest song Bob Dylan, avec quatre de ses titres distingués (Song To Woody, Don’t Think Twice It’s Alright, You’re Gonna Get Me Lonesome When You Go, Just Like A Woman), rigoureusement choisis afin d’orner les contours de cet hommage phonographique prodigieux.

Avec «カラオケ », Louis Aguilar signe un véritable recueil de poèmes multi-sensoriels, à lire, écouter et intégrer telle une promesse. Celle que l’on nous souffle, qui nous enchante et nous fait sourire, celle que l’on sème et que l’on souhaiterait ardemment ne jamais oublier.  

A découvrir et écouter entièrement ici.

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