[Hé magazine – février] : Inoubliables (presque) oubliées / Episode 1 : Sister Rosetta Tharpe (1915-1973)

Au cours des prochains mois, La Biscuiterie vous propose de revenir sur les grandes figures féminines oubliées de l’histoire de la musique, afin de leur rendre, à son humble niveau, l’éclat de leur notoriété passée…

Episode 1 : Sister Rosetta Tharpe, The Godmother of Rock & Roll (1915-1973)

Grandes robes enluminées ou larges redingotes en velours, foulard et boucles d’oreille bourgeoises, coiffure sophistiquée et soignée et talons aiguilles parfaitement vernis : à première vue, l’accoutrement de cette grande dame rappelle inévitablement la silhouette d’une grand-mère élégante de l’après-guerre, résolument embusquée à des années lumières de toutes préoccupations rock’n’roll. Et pourtant.

Au-delà de ce tableau plutôt édulcoré, plane l’ombre d’une six cordes électrique à l’irrévérence savoureusement indocile et à l’impact bien plus décisif qu’on ne pourrait le penser. Rosetta Tharpe, née Rosetta Nubin, ne doit effectivement pas son titre de « marraine du Rock’n’Roll » au hasard. Guitariste novatrice et remarquable, les grands rockeurs de l’histoire sauront marcher dans ses nobles pas et revendiquer son influence impériale : Chuck Berry, Johnny Cash, Elvis Presley, Little Richard… La liste est longue et surtout des plus prestigieuses. Néanmoins, si le joug créatif de l’artiste est indéniable sur cette première génération, il s’amoindrira au cours des décennies suivantes, où la brillante femme tombera dans un quasi-anonymat, sans doute effacée par la gloire fulgurante et écrasante des nouvelles idoles des jeunes.

Mais que retient-on aujourd’hui de cette musicienne et auteure-compositrice hors pair, encore trop souvent et injustement oubliée des rétrospectives historiques et musicales ? Avant tout et surtout, une audace ; celle d’accompagner pour la première fois le gospel à la guitare électrique, teintant ce répertoire liturgique de couleurs blues et rock ‘n’ roll. Enfant prodige dispersant ses virtuosités au chant ainsi qu’à la guitare dès l’âge de 6 ans, elle débutera bien évidemment au sein de son église, avant d’annexer les terres dissipées du rock, toujours accompagnée de sa Gibson. A noter, et la précision n’est pas anodine, que la guitare était alors un instrument très peu répandu pour l’époque chez les femmes.

Rosetta Tharpe enregistrera quatre titres chez Decca Records le 31 octobre 1938, tous rapidement devenus des tubes incontestés, lanceurs d’une carrière atypique et houleuse, parfois difficilement acceptée par toute une communauté de fidèles parmi lesquels elle a grandi…

Article à retrouver dans le Hé Magazine – février ainsi que sur la rubrique consacrée du blog !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s