[Hé magazine – juin 2018] : Inoubliables (presque) oubliées / Episode 5 : Mamie Smith : Oh mamy, oh mamy mamy blue(s) (1883-1946)

Au cours des prochains mois, La Biscuiterie vous propose de revenir sur les grandes figures féminines oubliées de l’histoire de la musique, afin de leur rendre, à son humble niveau, l’éclat de leur notoriété passée…

Episode 5 : Mamie Smith : Oh mamy, oh mamy mamy blue(s) (1883-1946)

Véritable légende, pourtant trop vite oubliée, de la musique blues, Mamie Robinson reste encore aujourd’hui l’un des piliers fondateurs d’une culture singulière et originellement communautaire, presque exclusivement masculine. En tout cas en ce qui concerne ses représentations. Sous le pseudonyme de Mamie Smith, la jeune femme a su graver son nom sur l’écorce rugueuse de l’histoire de la musique et notamment du rock’n’roll, en s’illustrant dans l’un de ses affluents artistiques les plus importants.  

Née à Cincinnati dans l’Ohio le 26 mai 1883, elle commence dès son plus jeune âge (environ 10 ans) en tant que danseuse de revue, avant d’être très rapidement happée par la pratique de son véritable don, le chant, grâce auquel elle commence à gagner en popularité. Ecumant dans un premier temps les différentes scènes des clubs américains, elle s’illustrera notamment en 1918 dans Made In Harlem, une revue signée Percy Bradford, artiste et acteur à la notoriété importante en ce début de siècle. C’est d’ailleurs lui qui, le 14 février 1920, offrira à la musicienne l’opportunité d’enregistrer son premier véritable disque chez Okeh Records (elle avait en effet auparavant enregistré deux chansons, au succès somme toute relatif). Intitulé Crazy Blues, il se vend à 75 000 exemplaires en une semaine (un très beau chiffre, qui plus est pour l’époque) et devient alors le premier disque blues de toute l’histoire de la musique, à être enregistré, pressé puis distribué.

Amenée à s’entourer tout au long de sa carrière de musiciens prestigieux tels que Coleman Hawkins, Bubber Miley, Joe Smith ou encore Buster Bailey, Mamie Smith sera même couronnée « Queen of the Blues » (Reine du blues), avant qu’une certaine Bessie Smith, alors très vite sacrée « Empress of the Blues » (Impératrice du blues) quelques années plus tard, n’efface son titre de son ombre impérieuse.  

A côté de ses activités musicales, Mamie s’illustrera également de façon plus épisodique au cinéma (nous sommes alors au tout début de l’ère du cinéma parlant) et enrichira sa filmographie de productions certes anecdotiques telles que Jailhouse Blues, film musical où elle tient son propre rôle, mais aussi Paradise In Harlem de Frank H.Wilson ou encore Murder on Lenox Avenue de Arthur Dreifuss, dans lequel elle tiendra le premier rôle.  

Affaiblie au cours des années suivantes par diverses addictions, notamment à l’alcool, la talentueuse femme sombrera petit à petit dans l’anonymat et la maladie et mourra dans la pauvreté en octobre 1946, à l’âge de 63 ans, à New-York.

Article à retrouver dans le Hé Magazine – juin ainsi que sur la rubrique consacrée du blog !

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